dimanche 26 septembre 2010

Ma Frangine, Ma copine


 

Les relations entre sœurs peuvent parfois être complexes, secrètes et insondablesJe livre ici une version sur les non-dits enfouis depuis longtemps et qui éclosent.


Ma Frangine, ma copine


Je ne savais pas te le dire mais je t’ai toujours admirée
Tu me fascines et tu m’illumines
Tu es ma copine, mimine, tu es ma frangine
Tu as été mon héroïne aux multiples vitrines
je voulais tant que tu me câlines, moi ta benjamine

On s’est tout dit, mais tu ne sais rien de moi
Je t’ai caché mes chagrins mais j’aurais tant aimé que tu les devines
Mon être entier avait tant besoin que tu le ranimes
Je voulais tant que tu devines, mais tu ne voyais pas
Je voulais tant que tu devines, mais tu ne voulais pas


Heureuse, tu vies, tu ries, tu voles, tes rires affolent
Tu butines et moi je rumine
Ils t’aiment, tu es leur cocaïne
Ils t’adorent, tu es leur amphétamine
Et moi je fulmine triste figurine
Mon être a tant besoin de morphine


Tu t’es mariée, ta robe était divine
Tu étais la reine, la gracile ballerine
Le monde tournait autour de toi et les flashes crépitaient comme des étoiles
Tu es l’astre de mille satellites


Comme toi, je voulais être celle qui fait la une des magazines
Comme toi je voulais être celle qui brille
Je voulais tes yeux, je voulais tes cheveux
Je voulais tes dents, tes jambes fines
Mais non, mais non, pas ma trombine


Tu ne vois pas mes pleurs
Tu n’entends pas les peurs qui arrachent ma poitrine
Mais je te roule dans la farine, je ne veux pas que tu devines
Je ne veux pas que tu te mines
Et j’ai mes aspirines, je me goinfre de vérines

Mais ta vie n’est pas la mienne
Je ne dois plus essayer de jouer le mime de ta frime
Je veux être l’héroïne, l’héroïne de ma vie
Moi ta petite sardine avec la drôle de trombine
Je suis ta frangine, je ne suis plus la clandestine
Je vais sortir de ton ombre pour vivre dans la lumière

Moi la fine sardine avec la jolie bobine
La fine sardine avec la jolie bobine….


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dimanche 12 septembre 2010

Dimanche matin : grillée ou pas grillée la tartine ?



Pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous, le dimanche matin est synonyme de calme, repos, détente et relaxation.   Sur une échelle de Beaufort, le dimanche matin serait plutôt l’équivalent d’un force 2, mer belle, temps calme et légère brise. 

Entre ceux qui font la grasse matinée, les familles qui prennent le temps de prendre leur petit déjeuner ensemble pour la seule fois de la semaine, ceux qui vont au marché se demandant ce qu’ils vont cuisiner à midi, ceux qui font du sport et ceux qui vont chanter des cantiques à la messe, il n’ y a pas de quoi fouetter un chat.   Pas un nuage à l’horizon, pas de questions existentielles; les tourments de la semaine sont entre parenthèses et la journée ne peut être que douce.  Le dimanche, il ne se passe rien de bien important.   Pas de choix à faire, pas de décisions à prendre, pas d’enjeux.

Au moment où devant mon grille-pain je me demandais si j’allais faire griller ma tartine ou lui épargner des brulures au troisième degré, la radio débitait des nouvelles insignifiantes dont je me fichais pas mal.  « Et maintenant les pronostics du tiercé avec José Covès…..Aujourd’hui pour le tiercé quarté quinté du jour dans le prix des Hortensias je vous propose une grosse cote avec Hidalgo du Bois Joli ou Matador de Mon Cœur ; ils ont tous les deux montrés qu’ils étaient en forme la semaine dernière au Prix de la Malmaison… ».

Dans le bar tabac PMU Le Havane, au 43 rue de Tolbiac dans le 13ème arrondissement de Paris, il y avait du brouhaha.  Les habitués du tiercé étaient là.  Ils vérifiaient les derniers résultats avant de jouer. 

Georges Dubois était assis devant son demi et relisait Paris Turf.  Lui aussi hésitait entre plusieurs chevaux, et il était bien tenté de tout miser sur Hidalgo du Bois Joli.   Il fallait absolument gagner, et surtout gagner le pactole.
Georges était à la retraite depuis deux ans.  Depuis qu’il avait quitté son entreprise d’électricité, il tuait le temps comme il pouvait et faisait des petits boulots de bricolage qu’il se faisait payer au noir.  Mais surtout il jouait aux courses.  Il voulait tant gagner gros. Au moins une fois.  Il rêvait de s’acheter un petit appartement sur la cote basque pour y passer une partie de l’année.  Il pêcherait.  Tranquille, pépère.  Mais il avait trop tiré sur la corde, et petit à petit il avait commencé à emprunter de l’argent à son frère.  Par naïveté, par pitié ou par amour fraternel, ou les trois à la fois, son frère Denis lui avait au fil des mois donné une somme conséquente.  A une ou deux reprises il lui avait  quand même fait comprendre qu’il aurait bien aimé revoir ses deniers. 
-      - Alors c’est pour cette fois-ci le gros lot ?
-       - On va se faire un de ces gueuletons le jour où tu vas gagner !
Il était loin, le petit appartement près de Saint-Jean-de-Luz.  Son image de villégiature paisible avait fait place au remord et à la honte.  Il fallait maintenant absolument gagner pour rembourser Denis. 
Une fois par mois, Georges allait diner le dimanche soir chez son frère et sa belle sœur.  Il n’osait plus y aller.  Il avait tant de mal à et les regarder dans les yeux.  Il se sentait minable.  Pour le diner de ce dimanche, il aimerait tant effacer son ardoise.  Il fallait gagner.  Il fallait qu’Hidalgo du Bois Joli soit son sauveur. 

A quelques mètres de lui, assise à une table devant un café, une jeune femme brune, belle, la trentaine maximum, pleurait discrètement sans discontinuer.  Que faisait-elle dans cet endroit où elle détonnait, où elle n’était pas à sa place ? Georges se le demandait, mais il pensait plus que tout à ce soir lorsqu’il sonnerait  à la porte de chez son frère.  Aurait-il le sourire ou baisserait-il les yeux ?

La casaque de satin jaune et violette portant le numéro 9 était l’honneur de Guy Martin.  Guy Martin était arrivé de bonne heure à l’hippodrome. Il devait se concentrer.  Dans les vestiaires, face à sa tenue de course, il se préparait mentalement.  Lui, le jeune jockey qui avait été remarqué par Pierre-André de Saint Alban, la star des patrons d’écuries de courses, ne pouvait pas décevoir.    Guy était originaire d’un petit bourg de Normandie : les Petites Dalles.  Lui aussi était petit.  Normal pour un jockey.  Dans cette région de Normandie, l’avenir d’un jeune est limité.  Il ne voulait pas finir comme ses copains avec un CAP tourneur fraiseur, bobonne et les marmots, Carrefour le samedi, et les vacances en camping à Palavas tous les étés.  Guy était passionné de sport, mais avec son physique et son nom, la gloire sportive n’était pas au coin de la départementale Les Petites Dalles – Fécamp.  Guy Martin, ça sonnait moins bien que Zinedine Zidane ou Jo-Wilfried Tsonga.  Ca donnait plutôt dans le milieu de peloton de course cycliste régionale.  Et avec son mètre cinquante huit, il était loin de devenir une star de basket.  Un été, il avait trouvé un emploi saisonnier au champ de courses de Dieppe.  Il observait les jockeys à l’entrainement, et de fil en aiguille, il avait commencé à monter de jeunes chevaux.  Il était doué et ça se voyait facilement.  C’est ce qu’avait immédiatement remarqué Pierre-André de Saint Alban, qui savait dénicher les jeunes talents capables de gagner des courses.  Et puis Guy Martin, ça sonnait comme un nom de jockey.  Depuis deux ans, Guy avait quitté sa Normandie natale et faisait partie des espoirs de Saint Alban.  Il s’entrainait à Maison Lafitte.  Il avait fait quelques bons résultats, mais n’avait encore jamais gagné de course majeure.  Saint Alban s’impatientait.  Il voulait son retour sur investissement.  Ce Dimanche, il fallait que Guy sorte du bois et gagne une course, ou sinon c’était le retour assuré à Dieppe et envolés ses rêves de gloire.    Ce Dimanche matin, Guy était au pied du mur.

Pierre-André de Saint Alban était au volant de sa Jaguar et se dirigeait vers Longchamp.  Il avait tout misé sur une victoire de ses deux espoirs, Hidalgo du Bois Joli et Guy Martin.  La saison n’avait pas été bonne, et depuis que l’émir Mustapha Al Khalifah avait investi dans l’écurie, il n’ y avait plus de place pour les places d’honneur.  Il fallait gagner, et surtout engranger des millions.   Ce dimanche matin, Pierre André de Saint Alban était tendu.  Très tendu.  Cette course, il fallait la gagner.

Sa femme Solange était restée dans leur hôtel particulier de Maison-Lafitte.  Pour une fois, elle avait décidé de rester à la maison.  Elle était lasse des mondanités hippiques.  Et puis la veille au soir, les derniers invités de leur diner étaient partis tard. 

Karola,  sa gouvernante polonaise avait, comme toujours, fait un superbe diner qui avait enthousiasmé les convives.  Karola travaillait chez les Saint Alban depuis 18 ans.  Grâce aux  « Amitiés Franco-Polonaises », elle avait pu quitter son pays natal, mais non sans regrets.  Abandonnée par un mari qui préférait la vodka et les filles plus jeunes, et dans un pays livré aux errements politiques, elle ne voyait aucun avenir devant elle.  Et surtout elle voulait que son fils Max ait une éducation et une formation scolaire et universitaire de haut niveau.  Car Max était sa passion.  Tout ce qu’elle faisait c’était pour Max.  Elle travaillait sans compter son temps pour lui payer ses études.  Elle n’avait pas hésité à faire des heures supplémentaires et à rester chez les Saint Alban pour préparer le diner de samedi soir.  Elle avait dormi sur place, et ce dimanche matin, elle rangeait la maison en pensant que Max devait réviser ses examens.  Max était en deuxième année de médecine.  Sa mère était fière de lui et gagnait chaque euro en pensant à lui.  Il fallait qu’il réussisse ses partiels.  Il fallait qu’il travaille dur.  Comme elle travaillait dur pour lui, pour sa réussite.   Elle allait bientôt rentrer dans leur deux pièces de Massy.  Elle ne le dérangerait pas et le laisserait travailler toute la journée. 

Ce dimanche matin, Max était censé réviser ses cours d’anatomie.  Mais c‘était surtout l’anatomie de Malika qu’il découvrait.  Alors qu’il s’attardait sur le piercing qu’elle portait au nombril, il repensait à cette soirée avec Malika qui s’était terminée tard dans son petit lit de chambre d’étudiant.  Max était tombé amoureux de Malika le premier jour où il l’avait vue derrière le comptoir de la sandwicherie, Rue des Ecoles, près de la faculté de médecine. 

Malika avait les cheveux noirs, de beaux yeux verts, et le petit brillant qu’elle portait à la narine gauche avait fait craquer Max.  Derrière son comptoir elle souriait tout le temps, elle était joyeuse.  Elle avait une autorité naturelle et savait remettre à leur place tous les garçons qui en faisaient un peu trop.  Elle aussi n’avait pas été insensible au charme de Max.  Son côté  un peu timide et doux lui donnait beaucoup de charme.  Max lui avait fait une cour en bonne et due forme, et de cafés en cinémas, il se retrouvait entre ses bras ce dimanche matin.  Sa mère allait rentrer de chez les Saint Alban et il fallait dire au revoir à Malika. 

Malika avait eu des petits copains mais n’avait jamais rien éprouvé de tel pour un garçon.  Elle avait toujours mal choisi.   Lui ce serait peut-être le bon.  Elle le sentait.  Il était complètement à l’opposé de Jordan, son dernier copain.  Immature, orgueilleux et mythomane, Jordan avait eu raison de Malika, qui avait mis un terme à leur relation la semaine précédente.  Malika n’avait jamais bien compris comment il gagnait sa vie.  Il vivait  de petits trafics.   Tellement vexé de s’être fait éconduire par la belle, il avait passé la soirée de samedi avec ses amis du quartier.  En sortant du bar du centre commercial où ils avaient descendu quelques bières, ils se mirent au défi de voler une voiture.  Au fond du parking, loin des regards, ils jetèrent leur dévolu sur une Citroën.  En quelques secondes, ils étaient au volant de la voiture et filaient vers le circuit de karting désaffecté.   Là ils continuèrent à boire.  Ils avaient trouvé des CD de Mylène Farmer et en fouillant dans le coffre avaient découvert une collection de lunettes.  Le propriétaire de la voiture devait être opticien ou quelque chose dans ce goût là.  Ivres et idiots, ils se prirent en photo avec leurs téléphone portables, en portant les lunettes les plus féminines et en ricanant bêtement.

Jean-Philippe Lambert était inspecteur de police au commissariat de Villeneuve Saint Georges et finissait sa permanence du week-end.  A 11h30 ce dimanche matin, il venait d’enregistrer la déclaration de vol de véhicule faite par Christian Pradet.  Christian était représentant en lunettes.  Après huit mois de chômage il avait trouvé un poste de commercial pour un fabricant de lunettes.  Hier soir il s’était fait voler sa voiture avec toute la collection qu’il devait présenter à Amiens demain matin.  Ca commençait mal.  Très mal.

Jean-Philippe Lambert aimait résoudre les énigmes.  C’est pour ca qu’il était dans la police me direz-vous.  Peut-être ?  Les vols de voiture, ce n’était pas trop sa passion.  Jean-Philippe préférait les énigmes plus sophistiquées, et à défaut d’être un des cerveaux de la P.J.,  il était devenu un champion de jeux en ligne.  Sa spécialité, c’était les jeux de science fiction.   Et cet après-midi, il devait livrer une partie finale face à un jeune prodige Thaïlandais.  Devant son vieil ordinateur tout déglingué du commissariat, il ne pensait qu’à se retrouver sur son super Mac et engager la bataille finale des « Dragons du 6ème espace ».  Il allait devenir le vainqueur, le super Jean-Philippe.

Tran habitait dans la banlieue de Bangkok et ce soir il jouait une grosse partie face à un Frenchie.  Il allait lui faire mordre la poussière.  Quelle coïncidence de jouer face a un Français.  Cette semaine il avait eu des entretiens avec Paul Navarro.  Paul dirigeait une société de jeux en ligne et il recherchait à travers l’Asie les meilleurs joueurs qui pourraient devenir conseillers technique et participer à l’élaboration des scénarios qui feraient de sa société « Worldgame Future » la référence mondiale.  Tran était connu dans le milieu et il allait l’embaucher.  La vie de Tran et le positionnement de la société de Paul allaient prendre une nouvelle dimension.  Ils allaient passer à la vitesse supérieure.

Paul avait quitté Bangkok par le vol du samedi soir.  Il devait arriver à Roissy dimanche matin.  Il était parti depuis trois semaines et Patricia sa femme commençait à trouver le temps long.  Patricia était une jeune femme brune, belle et amoureuse de son mari.  Ce matin elle voulait lui faire la plus belle des surprises.  Elle avait décidé d’aller le chercher à Roissy et lui annoncer la nouvelle là bas, à la sortie de l’avion.  Les nausées de la veille ne l’avaient pas freiné  dans son scénario amoureux.  Elle serait là à  la sortie des voyageurs et il ne s’en douterait pas.  Elle lui dirait là-bas.  Elle ne pouvait plus attendre.  Depuis son échographie de jeudi, elle savait que cette fois-ci elle était enceinte.  Elle n’avait pas voulu lui annoncer au téléphone.   Un peu fatiguée par une nuit au sommeil léger, elle s’était assise sur un banc métallique et inconfortable en retrait de la sortie des passagers. Le vol en provenance de Bangkok était annoncé. De loin elle scrutait les passagers.  Les minutes s’écoulaient et soudain elle le vit.  Ou plutôt les vit.  Ses jambes flageolaient, son cœur s’emballait, elle allait tomber.  Paul venait de sortir de la zone bagages et tenait par l’épaule Marijke.  Il s’arrêtait de marcher, l’enlaçait, et ils échangèrent un baiser langoureux.  Marijke était la nouvelle directrice Marketing que Paul avait embauchée.  Il ne tarissait pas d’éloges à son égard.   Marijke était hollandaise.  Elle  aurait voulu être styliste mais avait fait de brillantes études commerciales à Londres.   De sa vocation de styliste, elle avait gardé le goût des vêtements élégants et savait toujours être chic et décontractée à la fois, ce qui énervait Patricia, qui d’une certaine façon se sentait inférieure.  Marijke avait tout pour elle.  L’élégance, la beauté, l’intelligence et le sens du business.  Libre et séductrice, elle avait su faire chavirer Paul.  Au cours de ce long voyage, leur complicité avait fait place à de l’intimité, du charme, de l’amour et du sexe. 

Patricia ne croyait pas ce qui se passait devant ses yeux.  Mais elle comprenait en une fraction de seconde qu’elle vivait un cauchemar. Horrifiée par ce qu’elle voyait elle courut vers la sortie et s’engouffra dans un taxi.  Les pleurs secouaient son corps.  Elle ne savait pas où aller. Elle ne savait pas que faire.  Le taxi roulait vers Paris.  Elle avait donné son adresse mais se ravisa et lui demanda de la déposer au coin d’une rue. Elle ne pouvait pas renter chez elle.  La seule personne à qui elle pouvait parler était sa sœur.   Elle entra dans le premier café venu, s’attabla, commanda un café, sortit son portable de son sac et appela sa sœur Marlène.  Marlène ne répondait pas.  Elle se mit à pleurer.  Que faisait-elle là, un dimanche matin dans un café PMU de la rue de Tolbiac, face à un sexagénaire qui buvait un demi en lisant Paris Turf ? 

Marlène ne répondait pas.  Patricia lui avait laissé deux messages, mais pas de réponse en retour.  Marlène était sur Skype, en train de parler avec Marisa.  Son portable avait sonné, et Bimbo sa chienne Jack Russel avait aboyé à chaque sonnerie.  Marlène était sourde à tout ce qui se passait.  Marlène parlait avec Marisa et la terre pouvait s’écrouler, elle n’aurait pas bougé d’un iota.  Marlène était comédienne.  Depuis deux ans, sa carrière avait eu es hauts et des bas. Elle avait joué dans une série télé qui s’était bien vendue à l’étranger.  Mais cette année, c’était son grand retour au théâtre.   Elle avait répété tard dans la soirée.  La première était dans dix jours.  Ce dimanche matin, elle était sur Skype avec Marisa.  Marisa était journaliste à Tele Globo, la grande chaîne de télé brésilienne.   Marlène avait rencontré Marisa lors d’une soirée de présentation de sa série télé à la presse brésilienne à Rio de Janeiro.  Immédiatement elle était tombée sous le charme de cette fille aux cheveux noirs, aux dents blanches et à la sensualité d’une liane.  Son sourire et la musicalité de son corps l’avaient ensorcelé.  Marisa lui avait fait découvrir Rio et Marlène lui avait fait découvrir son cœur.   Ce matin, Marisa venait d’annoncer à Marlène qu’elle serait à Paris pour la première de sa pièce.  Plus rien ne comptait pour Marlène.  La femme de son cœur serait sa spectatrice la semaine prochaine.  Elle allait jouer pour elle. 

Marisa ouvrit sa grande baie vitrée qui donnait sur la plage d’Ipanéma.  Il faisait très chaud.  Depuis la rue montaient les bruits de la ville.  Paulinho un gamin de la zone nord rigolait avec ses copains.  Il était chez Oscar le vendeur de glaces et chargeait sa glacière de « sorvettes » vanille, café et chocolat qu’il allait vendre sur la plage.  Il faisait déjà 34 degrés.  La journée allait être longue sous le soleil de Rio, les pieds foulant un sable brûlant.  Peu importe, ce soir il y avait le match Flanengo-Fluminense et Paulinho n’attendait que de le voir à la télé chez Oscar.


Alors, au moment où je me demandais ce que j’allais faire de ma tartine pensant que le dimanche était le jour le plus calme, soupçonnais-je que tant de vies allaient changer et basculer ? Le dimanche matin n’est pas forcément le jour entre parenthèses  que l’on croit, et bien des destins se jouent pendant le calme apparent d’une journée de repos. 

Lorsque j’étais enfant, j’aimais prendre ces cahiers de dessins où l’on trace un trait l’un après l’autre en suivant des chiffres et où à la fin on découvre un dessin surprise.  Ce dimanche devant mon grille-pain imaginant des personnages et tirant des lignes de l’un à l’autre sont apparus successivement des nuages, des soleils, des rires, des pleurs, des tourments et des joies.  Autant de vies aux formes et aux destins variés et singuliers qui ont changé ce dimanche matin.




samedi 31 juillet 2010

Dans 400 mètres tournez à droite

En cette période de vacances, la famille va se retrouver en voiture. La voiture où l’on est souvent seul et maitre de ses décisions peut devenir un endroit où l’on s’expose, où l’on se teste, où l’on se confronte Confrontation des styles de conduite, confrontation des choix, confrontation des tempéraments, et où souvent se reflètent et s’exacerbent les dynamiques de couple. Je pose un regard amusé sur ces petits moments de nos vies qui peuvent avoir des tonalités très différentes à l’image de nos relations de couple, ou tout simplement de l’humeur du jour. Bonne route à tous!

"Dans 400 mètres tournez à droite"

La voix synthétique du GPS vient de donner son indication. Sans hésitation, aveuglement, sans douter un seul instant du bien fondé de cet ordre, il actionne le clignotant et file vers la droite.

Dans l’habitacle la tension est palpable. Pas un bruit, ou presque. La DS des gamins lâche des bruits encore plus étranges que celui du GPS. Les petits doigts agiles tapotent à toute vitesse sur les touches.

Puis, comme une houle qui prépare sourdement sa déferlante depuis le large, elle soupire. Un des ces soupirs qui monte du tréfonds des entrailles. Un de ces longs soupirs qui vous annonce une tempête. Une sévère. Un de ces soupirs qui en dit long. Très long.

Ses mains sur le volant se raidissent. Il reprend sa respiration calmement tandis que son rythme cardiaque commence à monter dans les tours.

Elle a le regard dans le vague. Tournée vers la fenêtre, ses yeux perdus dans un paysage qu’elle ne veut pas voir. Un paysage qu’elle ne voulait pas voir. Pas aujourd’hui. Elle aurait tant aimé rester à la piscine. Tranquille, à lire le dernier Marie-Claire et à se faire les ongles.

L’éclair qui marque le début de l’orage vient de claquer. Il est parti du siège arrière du monospace. La petite voix lâche sur un ton gnan gnan:

- Onarrivebientooooot euh ?
La foudre va fondre sur l’habitacle. Attention, c’est parti.

- Je ne sais pas ma chérie, si ton père ne s’était pas trompé on serait déjà arrivés.
- Mais c’est le GPS qui s’est planté ; il ya des travaux, et les travaux il ne les a pas en mémoire que je sache.
- Oui mais si tu l’avais branché des le début, au lieu de penser que tu avais bien lu la carte, on ne serait peut-être pas en train de tourner comme des idiots !
- Ecoute, ca va, on devrait bientôt arriver ! on va récupérer l’autoroute et après il y en a pour cinq minutes.
- Mais double, on ne va pas rester plantés derrière ce tracteur, double !
- Maman j’veux faire pipiiiii !
- Retiens –toi, on est bientôt arrivés.
- Non ! j’veux faire pipiiii.
- Ca suffit derrière ! ta mère t’as dit qu’on arrivait bientôt.
- Vas-y double !, là tu peux y aller, il n’y a personne en face….mais je rêve.
- Ecoute, je conduis comme je veux, et j’ai encore tous mes points, moi !
- Ouais pas étonnant tu conduis comme un papi,  pfffff
- Maman pourquoi on va a la fête de la pastèque, il y a quoi a la fête de la pastèque?
- Demande a ton père c’est lui qui a eu cette brillante idée !
- Moi j’aime pas la pastèque.

"Dans 200 mètres, faites demi tour."

-Je le crois pas ! Maintenant j’en ai marre, donne moi le volant !
- Mais il y avait pourtant le panneau indiquant l’autoroute, je ne comprends pas.
- Tu ne comprends jamais rien !
- C’est ça, et toi madame je-sais-tout j’aimerais bien t’y voir !
- Papa j’ai envie de vomir !




Elle entrouvre ses paupières, baille un peu, regarde par la fenêtre de la voiture, puis se tourne vers lui.
- Ca va ma puce?
- Oui, je m’étais un peu endormie.
Il pose sa main sur sa cuisse bronzée, remonte légèrement sa robe et la regarde avec un sourire amoureux.
Elle regarde derrière. Les enfants lisent tranquillement leur livre.
- Tu as du rêver pendant ton petit somme, je voyais tes paupières bouger.
- Oui je crois, je rêvais de ta sœur et ton beau-frère. Ils étaient en voiture et allaient à une fête du melon ou je ne sais quoi. En tout cas ça bardait dans la voiture. Il ramassait grave. Il faut dire aussi que ce n’est pas une flèche.
- J espère que ça va plaire aux enfants la visite des grottes.
- Mais oui t’inquiète pas, et puis moi ca m’amuse de les visiter. Et puis il y a plein de cachettes dans les grottes. Ca serait excitant se perdre, tu ne crois pas? Qu’est ce qu’on pourrait bien faire tous les deux perdus dans une grotte?….
-Je t’aime.
-Moi aussi je t’aime.

"Dans 400 mètres, tournez à droite."


Nous serons tous d'accord pour convenir que la première scène n'existe qu'en rêve, jamais personne n'a vécu de tels moments, c'est impossible, ou presque.....N'est-ce pas ?

lundi 21 juin 2010

Un samedi de juin


Un samedi de juin


Que se passe-t-il au mois de juin ? Quel est notre dénominateur commun au mois de juin ?
Le mariage.

Effet conjugué de la fiscalité et du climat, le mois de juin est le mois idéal pour se marier. Ceux qui se marient en mai, juillet ou septembre auront des mariages tout aussi beaux et réussis, mais le mois de juin reste une valeur sure. A peine sortis du printemps d’une vie amoureuse, monsieur et mademoiselle deviennent monsieur et madame au début de l’été avec l’éclosion exubérante des pivoines et la délicate floraison des roses qui orneront le bouquet de la mariée.

On se marie en juin, on célèbre son anniversaire de mariage en juin et on assiste au mariage des autres en juin. En juin on entend des concerts de klaxon dans les rues, et en juin les parvis des mairies et des églises sont jonchés de riz, confettis et fleurs qui une fois les mariés partis seront les témoins des unions qui scellent une vie.


En juin, dans les villes et les villages on croise des toilettes élégantes, des chapeaux alambiqués, des voilettes, des costumes chics tout neuf, des chaussures bien cirées, des escarpins qui font mal au pieds mais qui font de beaux pieds (souvent un petit sparadrap protège un orteil en souffrance qui se demande si il arrivera à survivre sur la piste de danse), des appareils photos en bandoulière, des cameras vidéo, des mouchoirs qui épongent des fronts en sueur, des décolletés vaporeux, des générations réunies, des enfants d’honneur qui courent dans tous les sens, des jeunes couples qui se disent que ce sera bientôt leur tour, des permanentes violines, des belles voitures décorées de fleurs, des parents angoissés qui regardent frénétiquement leur montre, des sourires, des rires, des visages radieux, des regards rougis qui ne peuvent trahir l’émotion, et des retardataires qui pressent le pas.


Entre des mains qui se serrent et des bises délicates on entend ici et l à des:
- Mais ou est l’oncle Georges ? il a du encore se perdre, il m’énerve, il ne peut jamais être a l’heure

- Tiens voila Jacques, oh ca fait un bail que je l’ai pas vu. La dernière fois ca devait être au mariage de Charlotte, ou a l’enterrement de Simone, je ne sais plus

- Alors le grand c’est Sylvain, il rentre en 4eme et le plus jeune c’est Arthur qui rentre au CP. Dis bonjour Arthur, c’est ta cousine Marie, la maman de Magali, tu te souviens de Magali ?

- Vous êtes de la famille de la mariée ?

- Heureusement que j’avais le GPS pour trouver


On pourrait en faire un recueil complet, mais au panthéon des immanquables il y aura surtout des:

- Quelle chance ils ont avec le temps

- Ou bien (c’est selon): mariage pluvieux mariage heureux


Et en tête du hit parade se sera bien sur la mariée qui sera l’attention de tous les commentaires.
- Qu’elle est belle, elle a une belle robe !
Oui, la mariée est belle, c’est la princesse qui devient reine. Un peu empêtrée par sa longue traine, c’est elle la reine de la journée. Attention de tous les regards et de tous les commentaires elle irradie de bonheur et laisse juste discrètement paraître la tension intérieure bien normale en ce jour ou devant tous elle devient femme.

 
Journée unique encadrée par les cloches de l’église et les sirènes du port d’Alexandrie. Journée singulière ou les souvenirs défileront en diaporama, journée de fête et de tourbillon avec les amis, journée heureuse ou l’on sera la fierté des ses parents, journée nostalgique ou l’on sera toujours le petit enfant chéri de ses papis et mamies, et journée secrète ou l’on sait que ceux qui nous manquent nous protègent amoureusement.


Un samedi de juin, un samedi d’une vie, un samedi d’une vie qui prend naissance, un samedi de promesses, de vœux, de baisers. Un samedi dans notre cœur. Un samedi dans mon cœur.

dimanche 6 juin 2010

Venez comme vous êtes


Partons sur des sentiers un peu plus personnels que ce que j’ai partagé dans mes publications précédentes. J’ai un peu hésité avant de publier ce qui suit, mais un blog ca sert aussi à ca. A celui qui l’écrit et s’expose (peut être de façon impudique pour certains), mais j’espère aussi à tous ceux qui liront, et qui peut-être trouveront aussi des points communs et des pistes de réflexion à méditer.

Jeudi soir j’étais bien installé dans mon canapé prêt à déguster les nouveaux épisodes de Desperate Housewives. J’attendais, impatient de retrouver les aventures de Gaby et ses copines tout en regardant d’un œil distrait les quelques publicités qui défilaient. Et soudain entre un film sur les shampoings et un autre sur un operateur de téléphonie, deux petits films extrêmement bien réalisés m’ont sorti de la torpeur que l’on peut avoir à ce moment. Ces deux petits films réalisés pour le même annonceur m’ont non seulement fait réagir a chaud en les voyant, mais ils m’ont suivi tout au long de la soirée et encore maintenant. Derrière les deux tranches de vies qui dans un style différent convergent vers le même dénominateur commun il y a en filigrane matière à beaucoup de réflexion.

Ces deux films en question vous les avez peut être vus ou vous en avez entendu parler. L’un des deux fait apparemment couler beaucoup d’encre. Ce sont les derniers films pour McDo. Qu’ils soient pour McDo ou une autre marque n’a pas vraiment d’importance. C’est ce qu’ils nous disent qui est à méditer.

Pour ceux qui ne les ont pas vus, voici le lien: Il y a trois films. Il faut regarder les 2 premiers.

Aller sur le lien, décliquer Annonces presse et camera cachées pour ne garder que films TV. Regarder les deux premiers films


D’abord sur la forme, je dis «chapeau»: Elle est parfaite. En trente secondes tout est dit. Les acteurs sont excellents, la mise en scène est vive et efficace. Ce sont deux vrais petits films de cinéma.

Sur le fond ces deux histoires pourtant opposées nous disent les mêmes choses simples mais profondes. Elles nous disent d’être nous même au delà des conventions et de laisser notre âme profonde s’exprimer.
Pourquoi un ado ne serait-il pas gay? Pourquoi n’aurait-il pas le droit de trouver son bonheur amoureux et sentimental avec un autre garçon? Ne pas avoir honte face à un père qui ne peut pas imaginer que son fils ne soit pas un tombeur (de filles). On sent dans le regard du fils que le moment venu il saura dire a son père que les chemins du bonheur ne prennent pas les mêmes routes tracées mais qu’ils mènent à la même destination.
Pourquoi un senior ne garderait-il pas une âme de don juan dragueur et pourquoi une senior n’aurait-elle pas une âme de midinette? Le bonheur de la découverte, de la surprise au coin de la rue est permis quel que soit l’âge.
Il faut être soi, se découvrir vraiment, le révéler, et l’exprimer, le vivre, l’incarner.

Je ne suis pas gay ni encore senior et pourtant ces deux histoires me font encore plus prendre conscience qu’il faut laisser s’exprimer celui / celle qui est en soi. On voit tellement bien chez les autres ce qu’on ne voit pas forcement en soi. Voila pourquoi ces films me parlent. Ils disent de laisser celui qui est en soi s’exprimer sans barrière. C’est là que me mène le passionnant voyage personnel que j’entreprends en ce moment. Laisser à celui qui se cache encore un peu, la chance de découvrir la voie de l’épanouissement par la révélation de soi.

Chacun ne sera peut être pas aussi réceptif que j’ai pu l’être, mais j’espère quand même qu’au delà du premier degré de ces deux films chacun se retrouvera un peu dans mon analyse, ou aura réfléchi sur ses frontières intérieures.

Accessoirement, ca ne m’a pas donné plus envie d’aller chez McDo qu’avant….

dimanche 23 mai 2010

C’est reparti….Vert, jaune, rose, rouge, bleu












C’est reparti….Vert, jaune, rose, rouge, bleu

Au mois de mai quand le soleil vient nous rappeler que l’été n’est plus très loin, la vie prend des couleurs vert, jaune, rose, rouge et bleu.

Le frigo est plein. C’est un arc en ciel. On a envie de prendre avec soi à la maison tous les fruits et légumes du marché. Tout nous tente. On veut gouter ces artichauts, si petits et fermes , et qui nous donnent envie de parler italien. On prépare des carcciofi et la maison se transforme en trattoria. La roquette pointe fièrement ses feuilles dentelées et déjà dans la bouche on sent cette amertume si plaisante. Les courgettes sont bien rangées attendant d’être finement coupées en rondelles. Les aubergines gonflent leur gros ventre doux et luisent de leur belle couleur pourpre. Et le basilic …Il sent tellement bon qu’on voudrait le trouver en flacon chez Sephora pour s’en parfumer tous les jours.

La pelouse est fraichement tondue. La nappe verte de nos repas d’été flotte dans une légère brise chaude. Jean et Patricia arrivent. Sa robe de lin rose lui a fait perdre quelques années. Jean, tout sourire arbore fièrement le t-shirt « I love New York » que sa fille lui a rapporté l’été dernier. Il se prendrait presque pour un petit jeune. La cuisine a pris des allures de petite ruche. Les saladiers jaunes accueillent une palette de légumes au coloris variés. On rit, on est heureux. Ceux qui arrivent embrassent ceux qui sont en train de donner une dernière main à la préparation des fraises. Elle est sympa ta robe, tu me passes l’huile d’olive, dans le petit placard la moutarde, mais tu es déjà bronzée, Sophie et François ont téléphoné pour dire qu’ils seront un peu en retard, ce petit rosé tu vas m’en dire des nouvelles , les enfants allez jouer dehors !, on a loué en Corse pour l’été, Natacha révise son bac, il faut que je te montre mes plantations, salut ma poule!, mais il a maigri ton mari, la piscine est à 23, alors ce barbecue ? , elles sont prêtes tes braises Blaise ? Vincent, Luc et les autres surveillent plus sérieusement le niveau de leur verre que le rougeoiement du charbon de bois, et la vie est douce et flotte comme la voix de Melody Gardot chantant 'Somewhere over the rainbow …Skies are blue, and the dreams that you dare to dream really do come true'.

On va rire, il y aura du bruit, on va être bien ensemble, on ne se souviendra plus vraiment de quoi on aura parlé, on sera un peu paf avec ce que l’on aura dans le pif, et on fera un petit plouf pour se mouiller les tifs et ce sera le kif.

Vert comme un dimanche de printemps, jaune comme un soleil régénérant, rose comme les fleurs ou comme le rosé ? au choix …., rouge comme des belles gariguettes (pas des espagnoles de serre), et bleu comme t’as d’beaux yeux tu sais. Vive le printemps !


Pour écouter et voir Melody Gardot:

http://www.dailymotion.com/video/xbox7g_somewhere-over-the-rainbowmelody-ga_music



samedi 15 mai 2010

faut-il interdire ?


On vit dans l’époque du « faut-il interdire ? »

Le monde perd la boule et nous aussi. On se pose de multiples questions, et il semblerait que l’important soit d’avoir un simple avis sur tout. Il faut absolument être pour ou contre, et répondre oui ou non à LA question du moment, de la semaine, du jour, de l’instant. Et pourtant bien souvent on ne connaît rien de cette même question. Il suffit de lire la presse, écouter les infos et on comprend que tout ce qui fait la une se résume à une question : « doit-on interdire ? », « faut-il interdire ? », « et si on interdisait ? », « aurait-on du interdire ? », « faudra-t-il interdire ? », « il aurait fallu interdire », « nos voisins vont interdire »…

Notre conscience collective et individuelle n’est maintenant interpellée que par une succession de questions qui demandent des réactions manichéennes et des prises de positions radicales et rapides sans que l’on nous ait donné les éléments nécessaires à une réflexion aboutie. Ces questions que l’on nous impose sont-elles les bonnes ? sont-elles bien posées ? sont-elles utiles ? sont-elles importantes ? sont-elles pertinentes ? Peu importe à nos médias et politiques. A chaque jour sa question, sa réaction, et vite on passe à la suivante, mais tout le monde doit avoir un avis sous faute de passer pour un imbécile.

Voici un pot pourri de vrais - et fausses –, mauvaises, ou bonnes questions que l’on nous assène jour après jour. A une époque certains clamaient « il est interdit d’interdire »; il y a aujourd’hui beaucoup de questions dont on se passerait bien et que l’on pourrait interdire de nous poser.

Alors à avotre avis….

Faut-il interdire au volcan Islandais d’être un volcan ? Fallait-il fermer l’espace aérien ?

Faut-il interdire la burqa ?

Faut-il interdire la stigmatisation ?

Faut-il interdire les tremblements de terre ?

Faut-il interdire George Freche

Faut-il interdire le mariage des prêtres ?

Faut-il interdire les raccompagnements à la frontière ?

Faut-il interdire les apéros géants et les comas éthyliques ?

Faut-il interdire Raymond Domenech de coupe du monde de foot ?

Faut-il interdire Ribery de jouer en équipe de France ?

Faut-il interdire les pacifiques thaïlandais de se tirer dessus ?

Faut-il interdire les grecs de provoquer l’écroulement de l’Europe, de l’Euro et des indices boursiers ?

Faut-il interdire de modifier l’âge de la retraite ?

Faut-il interdire à Miss France d’avoir posé nue ?

Faut-il interdire les mariages gays ?

Faut-il interdire facebook au travail ?

Faut-il interdire de parler des candidats potentiels à l’élection de 2012 ?

Faut-il interdire l’extradition de Roman Polanski ?

Faut-il interdire à Johnny de continuer à faire sa tournée ?

Faut-il interdire le secret bancaire ?

Faut-il interdire aux vendéens inondés de vivre dans leur maison ?

Faut-il interdire la fessée ?

Faut-il interdire les OGM ?

Faut-il interdire la chasse le dimanche ?

Faut-il interdire les colorants dans les bonbons ?

Faut-il interdire les voitures en centre ville ?

Faut-il interdire les portables dans les écoles ?

Faut-il interdire les bonus des traders ?

Faut-il interdire Dieudoné ?

Et comble du comble……..Faut-il interdire Tintin au Congo ?

Quel tourbillon. Autant de questions qui sont le reflet d’une société de l’éphémère, de contradictions, de superficialité, d’affrontements, d‘opposition, et qui surtout ne se donne plus le temps de penser.

A bien y réfléchir, en France, tout comme il y a autant de fromages que de jours dans l’année, il y a aussi maintenant autant de « faut-il interdire ? ». Et bien, je préfère les fromages. Ils dégagent une odeur forte mais bien moins nauséabonde que les réponses primaires que l’on cherche à obtenir du plus grand nombre.

jeudi 6 mai 2010

Followers. The tale of the tiger and the frog


Followers. The tale of the tiger and the frog

It’s common to say that Europe follows the US. I would say it’s almost true…It’s almost true for a lot of things except for some of the very important aspects of life for which Europeans are usually followed. These are food, wine, perfumes, vacations days, learning foreign languages, driving fancy cars, fashion, traveling abroad, cheeses, and so on… the list could be as long as a full page.

But still Americans lead the way in many areas and especially when it comes to interpersonal behaviour such as being at ease in public, not being shy, greeting people, talking (usually much louder than Europeans), talking in public like if they were movie stars, being over enthusiastic ( wao !, Great, Oh my God, awesome !!! ), networking, making you feel that you are friends since first grade, having hundreds friends on facebook and so on. The list could also be very long as well. And in many of these interpersonal attitudes Europeans still have to learn a lot.

Recent news have shown that there is an area where Americans have shot first (sorry for the obvious and figurative term), and that is the area of sports icons and prostitutes. Sorry, the topic is a bit dodgy and goes beyond the codes of American Puritanism normal tolerance, but the truth is that it is very true indeed.

We recently discovered how Tiger Woods mastered the art of cheating his wife with dozens of botoxed blonds in exchange of a tiny fraction of his pocket money. Nonetheless, one of Tiger’s great art was not only a remarquable and intense use of his putter but how he explained and justified that this had nothing to do with lust. At the contrary he was under the evil forces of an addiction which was a serious disease to be cured rather than an extreme appetite for big boobs. The excuse was a bit easy but pleased the innocents. Was his honor safe….? Not sure , but at least his fans were happy to see him back, and crowds applauded him when he finished the Master in 4th position despite 6 months of sex addiction cure.

And by the way, why do I tell this story? In France we don’t know much about Golf and golfers, and Americans don’t know much about soccer and soccer players either.

So here is the story…The tale of the frog who wanted to follow the Tiger.

Two weeks ago we learnt that three of the top French soccer players were caught in a prostitution case. The least attractive of the three frogs (Frank Ribery – Google his picture and you’ll understand) believed he could be as smart as the good looking and popular Tiger. He followed the Tiger almost every step of the way.

Since Tiger choose blond sex partners (to match with his Nordic wife’s style), the froggy chose an Algerian partner (to match with his wife who’s Muslim ; He converted to Islam when he married her). To protect his aura the Tiger found the excuse of a strange sex addiction illness, and the frog found the excuse that it was a birthday present. The Tiger was caught by the nets of the press and moral disgrace while the French sports minister questioned if the frog should wear the blue jersey in South Africa next month. Tiger’s affairs almost ruined his participation to the most important tournament and the frog is also in such a mental tension that he can hardly prepare for the world cup. The frog who was our last hope to help the French soccer team at the world cup is under such pressure that during his last important game he lost his temper and was sent off the field with a red card.

The simple moral of this tale is that one day a frog wanted to follow a tiger and believed certain interpersonal behaviour could be replicated. Unfortunately the frog was not smarter or more agile than the tiger. The tiger thought that he could land on his feet after a big jump, so as the frog who believed it was a natural path to follow….but they both miserably and pathetically fell in front of their most admiring crowds and fans. So before following, watch out and learn the lessons first.

samedi 1 mai 2010

Les tontons flingueurs


Les tontons flingueurs !

En matière de vin comme en matière de cinéma, littérature, peinture, musique etc…il y a heureusement quelques tontons flingueurs qui viennent tirer à bout portant sur les bonnes manières, le politiquement correct et les traditions qui nous endorment.

Un peu de fantaisie que diable ! Soufflons sur la poussière des conventions bien établies et rigolons un bon coup.

Alors merci à notre ami Jean (Jean Namour, La fleur de Vigne, Tournamy, Mougins) qui a su découvrir des secoueurs de chais, des révolutionnaires de l’étiquette, des pieds nickelés du cépage et qui nous offrent ces « Back in Black » et « le petit chapotton rouge ».

Back in Black nous présente une description de son vin qui contraste avec les traditionnelles phrases toute faites du style « cette cuvée aux aromes de fruits rouge accompagnera parfaitement une viande rouge ….» Comme si le vin rouge ne dégageait pas des aromes de cassis et framboise, et qu’on le boive avec une glace à la vanille. Non mais….on nous prend pour qui ? Alors que là, on nous dit « hargneux, sauvage et profond comme sa robe de scène…une bande de rockeurs en furie a cueilli ces baies en prenant soin de leurs doigts précieux. Elevé aux bons vieux cris d’accords endiablés, back in black vous fera hurler de plaisir ! ». Tout un programme ! et en plus le vin est bon. Merci.

Dans la lignée de ces tontons flingueurs je vous propose pour remplacer les sempiternels Château de La Prétentieuse, Domaine de la Guimauvière, et autre Cuvée Qui Se La Pète….je vous propose de découvrir "le domaine de Blanche neige et les sept vins" avec un bon rouge Languedoc « les portes du pénitencier », et puis un blanc « Dancing Queen », et pour les chaudes journées d’été un rosé « sea sex and sun ».

Vive le vin, univers découvertes permanentes !

dimanche 25 avril 2010

Deux cafés, l'addition


Deux cafés, l’addition. ….

Combien de fois avons-nous prononcé cette phrase automatiquement à la fin d’un repas ?

Mais avons-nous pensé une seule fois au serveur, à la serveuse qui à ce moment précis entend, écoute d’une oreille distraite ou intéressée la discussion qui a lieu à notre table. Avons nous un seul moment imaginé ce qu’en une journée, une semaine, un mois, une année, une vie de services, ce serveur aura entendu. Nos petits et grands secrets, nos états d’âmes, nos futilités, des bribes de vie, des destins qui se trament, nos confidences, nos bêtises, nos mensonges, nos cachoteries, nos gouts….Ils en savent des choses ces serveurs que l’on ne voit même pas au point d’oublier qu’ils ont des oreilles.

La difficulté c’est qu’entre le moment où le serveur est là et qu’il débarrasse les assiettes, qu’on lui demande les cafés et qu’il revient il n’a pu capter qu’un petit morceau de conversation. Une bribe, et puis une suite, sans le milieu. Il lui manquera un élément essentiel, ou rien de bien important, et à lui de regretter de ne pas avoir tout entendu, à lui d’imaginer ce qu’il a raté ou a lui de tout simplement s’en contrebalancer parce que ca chauffe en cuisine, que le patron lui gueule dessus, que la table d’a cote lui a demandé cinq fois si on ne les avait pas oublié, et que la table de derrière lui redemande du pain pour la troisième fois.

Alors voici glanées au fil des repas quelques miettes de vies qui disparaîtront avec les miettes de pain une fois la table libérée, la nappe enlevée et le coup d’éponge passé.

Ecoutons….

….alors c’est ultra confidentiel, tu n’en parles surtout pas. Il va ya avoir une réorg ; Lambert va morfler, c’est Delorme qui devrait prendre sa place, et devine qui devient DG ? ….deux cafés et l’addition s’il vous plait ………………..Lui ? non c’est pas vrai ? si si je te le dis ‘ c’est sur, c’est Chatel qui me l’a dit, mais surtout tu le gardes pour toi, c’est confidentiel….


….Trop mignonnes tes nouvelles chaussures et puis elles vont très bien avec ton petit haut ; et, regarde ce que j’ai trouvé en soldes chez Zara……..….deux cafés et l’addition s’il vous plait ……………….et ca ira bien pour la soirée de samedi, surtout que Nath et Caro sont toujours super sapées, je voudrais pas faire tache…..


….j’ai revu Karine

….ah ouais ? elle est canon ! et alors ?

ben alors…, alors , qu’est ce que tu veux que je te dise…. ca se passe plutôt bien

….deux cafés et l’addition s’il vous plait ……………….

….Mais tes gosses, tu y a pensé, tu va faire quoi ?



…..How can we get to the Louvre ? Can you pleqase ask him

Two caféz per favorééé, et comment nous allez à la Louvrééé ?

…Ah… le Louvre, c’est facile. En sortant à gauche, et puis encore à gauche , et puis à droite et encore à droite et tout droit. Vous pouvez pas vous tromper.

…..I think he said left and then right, but I’m not sure; I don’t understand why these French waiters don’t speak a word of English. Unbelivable …should we leave him a tip ?



Ah ah aha ah aha aha aha , oh ……et celle du chinois polygame qui a deux bites tu la connais ? ah ah elle est géniale …….deux cafés , l’addition, et euh , deux calvas siouplait…….

……et là elle lui dit : dommage je suis lesbienne, ah aha aha aha aha elle est g éniale, tu vois la tronche du gars avec ses deux rouleaux de printemps, aha ah aha aha aaha



…..on les attaqués en appel mais ils ont demandé un référé parce qu’ils sentent qu’en cassation ca sera foutu. On réplique avec une demande d’arbitrage mais le proc nous fait chier ; il a sorti l’article 322 et demande la contre expertise du dossier……deux cafés, l’addition……..

…..tu sais bien, Michaud, Michaud qui était premier substitut a Nevers, et bien il est muté a Lille comme juge d’instruction ; y va pas se marrer…..



…..ce petit con, excuse moi Simone mais il n’y pas d’autre mot, ce petit con va pas nous faire chier avec l’héritage de Madeleine tout de même. J’ai vu le notaire, et tout cousin germain de Suzanne qu’il est il ne peut pas prétendre à l’indivision de La Martnièere……

…..Jeune homme, deux tisanes et l’addition s’il vous plait…..

…..Il faut y aller Maurice on va être en retard pour ton rendez vous chez le phlébologue



….Minou, on va voir le Scorcese ou le Woody Allen ? la séance est à 22h30 . …

je sais pas moi, décides ca m’est égal…

On pourrait avoir 2 cafés et l’adition en même temps s’il vous plait on est pressés on va au cinéma et on va être en retard pour la séance

…..et si on allait voir le Almodovar ?

….oui si tu veux, elle est bien Penelope Cruz



….Alors tu sais j’ai commencé mon atelier de feng shui. J’adore. Comme je veux qu’on refasse le salon ca me donne pas mal d’idées. Je voudrais le peindre en taupe, mais tu vois taupe avec des reflets vanille un peu sable comme on a vu à Marrakech. Bon, Wilfrid aime pas trop, tu sais lui sorti du blanc ; je désespère, je crise, Mossieur y a que le blanc….il a qu’a vivre à l’hopital Alors je lui ai dit toi mon petit coco….

Deux noisettes et l’addition mademoiselle

…..vous allez à la crémaillère de Sylvain et Jean – Marc ?



------(silence)-------

Deux cafés et l’addition …..hein ? non alors un déca et un café

……..(silence)----------

……………………………………………………………………………on y va ?.............................